Une phrase, une simple phrase a le pouvoir de mener jusqu'à l'amour, avec un grand A.
 
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Pour some sun over my skin ► FT. BOB

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Oswin A. Noble
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Mar 7 Fév - 23:07

Feat. Bob & Oswin
Miroitante et glorifiée d’un amusement sans nom, tu riais aux éclats. A l’autre bout du combiné, Louise, ta chère et tendre meilleure amie te racontait une histoire redondante, et tu devais te mordre les lèvres pour ne pas attirer encore plus l’attention sur toi.

Ce n’était pas vraiment une bonne journée. Elle avait commencé par un café renversé sur ton chemisier préféré, un appel d’un des restaurants où tu devais chanter qui annulait, et une prise de tête avec un ami insignifiant. Alors, la française avait décidé de te remonter le moral à sa façon. Et malgré la distance, elle y arrivait très bien.

Ses ragots étaient amusants. Tu en apprenais bien plus sur l’histoire entre deux personnes dont tu avais oublié le nom. Apparemment, le dénouement de leurs sentiments approchait. Sentiment par-ci, sentiment par-là, tu levas les yeux aux ciels, exaspérée.

- Tu es si fleur bleue, Louise, c’est incroyable. Tu crois vraiment à ces histoires d’âme-sœurs ? Ce sont des conneries, des contes pour enfants. Un peu comme le Père-Noël et la Petite Souris.


Ta meilleure amie éclata de rire au téléphone, en disant qu’elle te trouvait bien trop coincé. Tu pouffas, remis une mèche de tes cheveux qui s’étaient égarées sur ton visage, et sourit doucement.

Tu n’avais pas vraiment de programme aujourd’hui, juste … vagabonder, et parler de tout et de rien avec ton amie. Ce n’était pas bien folichon, mais comme ton concert avait été annulé, tu avais le droit à ton après-midi de congé, en quelques sortes. Et puis, tu avais besoin de te détendre.
Tu étais si tendue que si tu étais un string, tu aurais déjà craqué.

Fière de ta vanne, tu la racontas à Louise qui éclata de rire, te soutenant dans tes conneries. Regardant autour de toi, distraite, tu reconnus facilement les quartiers mal famés du Bronx.

- Tu sais quoi ? Je ne sais pas quel temps il fait en France, mais moi, là, j’ai bien envie d’une glace.

La jeune femme babillait dans le téléphone, et tu pris le chemin jusqu’au Fast Food le plus proche. Ces derniers temps, des tonnes de trucs avaient été bâtis au Bronx, et en tant que fière habitante de Brooklyn, tu te sentais un peu perdue désormais.

Et puis, le sujet de conversation changea, allant sur des sujets plus coquins et amusants. Louise te racontait ses dernières nuits d’aventure avec ses multiples amants, et toi, tu lui racontais ta nuit foireuse à la boite de nuit du Bronx.

C’était un peu le bronx tout ça.

Arrivant en vue, tu hâtas le pas, et dès que tu passas les portes, tu levas ton regard pour regarder les glaces proposées. Immédiatement ton choix fut fait. Tu fis la queue, mais fus prise immédiatement. A 3h de l’après midi, qui est-ce qui voudrait une glace, à part une paumée comme toi ?

- Bon, c’te soirée, c’était vraiment merdique, je te dis pas … Je me suis faite abordée par un type un peu chelou, il m’a collé toute la soirée, après …

Tu adressas à peine un regard au serveur, esquissant un vague sourire, agitant les mains en même temps que tu parlais.

- Pour moi, ce sera une glace avec double nappage banane et …. Mmmh … triple supplément kitkat ! C’est bon le kitkat.


Tu relevas la tête pour sourire au serveur, tapotant doucement avec les doigts de la main gauche sur le comptoir, impatiente, tout en continuant ton histoire au téléphone, inconsciente des mots que tu avais provoqués, de ce qui allait être engendré.

- M’enfin, il était plutôt pas mal, tu vois. Blondinet, grand, et russe d’après son accent. Mais tu me connais moi, ce que j’aime, ce sont les américains, ténébreux et mystérieux ! Avec de grands yeux sombres et une voix suave !

Tu pouffas de rire, en écho avec ta meilleure amie.

Si tu savais …

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Mer 8 Fév - 0:17
The Queen & The Valet
Travailler dans un fast food, ça a ses avantages, comme ses inconvénients. A commencer par le fait que non, c'est pas un mythe... Bosser dans ce genre d'endroit, ça te donne clairement pas envie de bouffer ce que tu fais. Pour des raisons qu'on ne citera pas ici, et parce que j'tiens à mon emploi, ma foi, il est pour moi des plus évident que je n'irais jamais m'asseoir à l'une de ses tables, après avoir commandé l'un de ses foutus burgers. Ou l'une de ses frites. Je prendrais même pas une de ces glaces, parce que de un, ils mettent jamais assez de nappage, et de deux... De deux... Parce que la première raison est suffisante pour ne pas le faire. Au fond, c'est cool de voir passer des tas de gens, parce que t'en apprends des choses, et aussi parce que tu finiras toujours par passer un bon moment avec un client. Genre, ceux qui arrivent bien tardivement le soir, avant la fermeture, parce qu'ils ont une subite envie de nuggets ou je ne sais quoi d'autre. Y avait bien un p'tit vieux, du style... Mmh, la soixantaine, peut-être, qui venait régulièrement comme ça... Et ben mes récents meilleurs souvenirs de boulots, c'était avec lui que je les avais. Parce que mine de rien, faut pas croire... Les gens qui bossent dans un fast food en général, ben ils sont pas là parce qu'ils le veulent. Et du coup, et ben... Ils ont tendance à faire la gueule un peu, t'vois.

Puis faut bien te dire que c'est peut-être cool de voir du monde, mais le truc, c'est que tu sens tellement la friteuse dans ta journée (tu vois ce genre d'odeur que t'adooore et qui te colle carrément à la peau?) qu'au final, et ben les gens sympa que tu peux rencontrer, ils ont pas forcément très envie de te parler. Et, bon... En ce qui me concerne... Je suis un peu censé rencontrer l'âme sœur ici, sur mon lieu de travail. Et ça m'inquiète un peu... Parce que, clairement, y a beaucoup plus romantique. C'est vrai, honnêtement, j'ai jamais lu quelque part qu'une histoire seine et durable commençait dans un service restauration rapide...! Et puis, genre... Qu'est ce qu'elle va penser de moi ? J'ai un peu peur de la faire fuir sur le coup, tu vois ? Genre, plus vite encore que Speedy Gonzales. C'est pour ça que dès que j'ai une pause, j'en profite un peu pour me foutre du déo, et pour fumer aussi. Parce que j'me dis que l'odeur du tabac, c'est quand même mieux que celle de la graisse à frites.

Mais aujourd'hui... Aujourd'hui, nan, j'étais pas prêt, vraiment. Genre, je m'étais un peu laissé aller toute la journée, et j'avais pas eu le temps de prendre ma douche ce matin. Mes quelques dreads partaient un peu dans tous les sens, et en plus du bouc, j'avais la barbe de trois jours, que je n'avais bien évidemment pas rasé depuis... Ben, trois jours. Du coup, ouais... J'étais pas dans l'optique de rencontrer mon âme sœur la, dans la journée, genre, maintenant. Et pourtant... Pourtant, j'étais là, vaguement occupé derrière le comptoir, me retournant en voyant une cliente entrer, relevant un instant les yeux sur elle pour capter son regard et lui offrir un vague sourire, en attente de sa commande. Je prenais même pas la peine de lui demander ce qu'elle voulait, parce qu'elle était au téléphone, et que ça devait pas être le moment de la déranger, au vu des mots qu'elle échangeait. Sagement, je tendais les doigts vers l'écran avant de brusquement me stopper.

Quoi...? Qu'est ce qu'elle venait de commander...? Double nappage banane et triple supplément kitkat...? Genre...? Bordel, j'étais brutalement perturbé. Je relevais les yeux sur elle, alors que dans mon esprit tout se cognait, et s'agitait, et que rien ne fonctionnait correctement. Je laissais mon regard trainer un peu sur elle, je la dévisage, je me dis, me demande... C'est elle ? Je viens vraiment de rencontrer celle qu'est censé être ma moitié ? Elle n'est pas aussi énorme qu'on a pu me le souffler pendant toute mon enfance, elle me semble même franchement frêle, et, whow... C'est quoi cette chevelure flamboyante ?

En fait, je m'y attendais tellement pas... Que je dois avoir l'air vraiment con à la regarder et à la fixer comme ça. Mais en même temps, qu'est ce que je suis censé dire ? Faut pas que je me plante... Faut pas que je dise une connerie. C'est à tout ça que je pense, et en même temps, j'suis incapable de faire le tri dans toutes les pensées qui brusquement viennent m'assaillir quand mes yeux captent le mouvement de ses doigts... Remontant le long de son bras. C'est là que je vois cette phrase. Et c'est tout naturellement que j'me lance, l'attitude faussement détendu, avec un sourire crispé aux lèvres, sans même me dire que, bordel, c'est vraiment pas une façon de commencer une relation durable.

«Hey... T'as de jolis yeux. Des comme les tiens, on n'en voit qu'une seule fois dans la vie.» j'essaye d'accorder mon attitude avec mes mots,  même si pour le coup, et même si ça se voit pas, j'suis plus stressé et craintif que l'agneau qui va se faire bouffer par le loup. Mes yeux glissent de son visage, à son décolleté... Qu'à l'air vraiment plutôt bien remplis, au passage. «Mais je préférais regarder tes seins...!»

Maintenant que je l'ai dis... J'en reviens pas moi-même. Ça fait à peine racoleur. Dans le style, pire que le mec qu'à rien dans la tête, et qui essaye de draguer la première de la classe. C'est parce qu'elle est la, juste en face, que j'me cogne pas la gueule sur le comptoir. Enfin, heureusement pour moi... J'suis quand même seul ici, si on oublie le mec en pause, et la nana qui fait le ménage à l'étage.
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La bouffe, c'est la vie. Sans bouffe, tu vis plus. Alors je travaille pour que tu vive. Tu devrais me remercier, t'vois ?


Sinon, j'parle en ff6633, au cas où ca t'intéresse.

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Oswin A. Noble
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Mer 8 Fév - 23:04

Feat. Bob & Oswin
Suspendue entre la terre et le ciel, avide de l'un, curieuse de l'autre, dédaigneuse de la gloire, effrayée du néant, incertaine, tourmentée, changeante, tu vivais seule au milieu des hommes. Tu fuyais la solitude et la trouvais partout.

Tu avais décidé de ne plus croire au lendemain. Les atterrissements splendides, les glissements de terrains boueux, les chutes mortels, mais on s’y faisait. Tu t’y faisais. Inlassablement. Figée dans une boucle, une routine qui ne voulait diablement pas s’arrêter.

Suspendue entre la terre et le ciel, éprise de passion et remplie de plaisir, méconnue et terrifiée, tu vivais seule, enfermée avec tes émotions désillusionnées et tes mœurs intactes. Tu fuyais tes sentiments et les trouvaient partout.

Et tout au long de ton chemin, tout au long de ta vie tracé par un crayon hésitant, il y avait tant de détails que tu avais évincé. Tant de détails qui t’avaient échappé, où tout simplement dont tu n’avais pas jugé utile de remarquer. Les premiers regards, les premières moqueries. L’espoir d’un avenir brillant, le détail d’une vie incertaine. Les yeux sans éclat de ta mère, ou ceux de ce maudit serveur.

Tu relevas la tête, croisant son regard sombre. Arrêt cardiaque.

Tant de détails, tant d’imperfections et d’oublis qui faisait de toi celle que tu étais aujourd’hui.  Mais encore, la chaleur, la douceur, la sérénité et l’anxiété. La chaleur qui s’infusait lentement en toi, la douceur que tu percevais dans son regard posé et troublé, une sorte de sérénité, la tienne probablement, inconsciente au carnage que tu avais provoqué dans son esprit désormais rempli d’anxiété.

Le temps semblait s’être figé autour de toi. Plus rien, ni personne ne bougeait, juste ta poitrine qui se soulevait rapidement au rythme de tes respirations enjouées.

Le serveur, lui n’avait pas non plus bougé. Presque impatiente, tu te demandais ce qui le retenait ainsi, pourquoi il te fixait hagardement ainsi ?
Au loin, dehors de ce minable fast-food, la pluie s’était mise à tomber, et un chien aboyait.

Et puis, le serveur bougea doucement, il se détendit et te laissa couler un regard anxieux – peut-être un peu crispé sur les bords. Et les secondes s’échauffent, s’entremêlent et explosent tandis que bat l’apothéose dans ta poitrine.  

«  Hey... T'as de jolis yeux. Des comme les tiens, on n'en voit qu'une seule fois dans la vie.»


Quoi ? Tu sentis nettement son regard dériver, passer de ton regard azuré jusqu’à ton joli décolleté, et tu te mordis les lèvres, redoutant la fin de la phrase.

« Mais je préférais regarder tes seins...! »



Quelques secondes passèrent, où rien, absolument rien ni personne n’esquissa le moindre mouvement. Et puis, la voix de ta meilleure amie te rappela sur Terre, et tu lui raccrochas au nez, sans prendre la peine de lui expliquer. Elle comprendrait, de toute manière.

En cet instant précis, quelques secondes après avoir rageusement éteint ton cellulaire, et relevé la tête pour plonger ton regard dans celui du serveur, plusieurs émotions te traversèrent, et plusieurs options s’offrirent à toi.

Soit tu lui sautais dans les bras, et vivait ton amour idéal avec ce beau brun, qui, d’après son métier, ne risquait pas de toucher beaucoup. Tu entrevoyais déjà ton avenir. Toi qui trimais pour faire tourner votre maison commune, et qui t’occupais des milliards de gosses qu’il t’avait pondu, parce qu’avec son salaire minable, il ne pouvait s’acheter des préservatifs.

Ok. Peut-être que tu exagérais un peu. Son salaire n’était peut-être pas minable après-tout, et puis ! Tu n’étais pas une femme vénale, loin de là. L’argent ne t’intéressait pas. Et puis tu haïssais le mariage, tu haïssais tous les hommes, et leurs engagements éternels, les promesses, les projets, l'avenir arrangé à l'avance par des contrats et des marchés dont le destin se riait toujours. Tu n'aimais plus que les voyages, la rêverie, la solitude, le bruit du monde, pour le traverser et en rire, puis la poésie pour supporter le passé, et Dieu pour espérer l'avenir.

Dieu, hein, quel connard aussi ! Si un jour, ce foutu Dieu avait le malheur de passer entre tes pattes, tu lui ferais son quart d’heures.
Dieu, dieu, toujours Dieu. Tu n’y croyais pas, à cette phrase merdique, et voilà qu’un un inconnu te la sortait au beau milieu d’un fast-food.

Tu tracas la solution de la vie de couple de ton esprit, et opta pour une qui te semblait idéal. La colère.

Prenant le premier objet qui te passait sous la main – c’est  à dire un tas de serviette de fast-food sauvagement arrachée – tu les lui jetas dessus, essayant de refouler les larmes qui semblaient décider à couler.

Peine perdue, tu laissas une perle cristalline dévaler le long de tes joues rougies, et tu l’essuyas rageusement, lançant un regard agacé au serveur.

«  Oh, arrête un peu ! Où sont les foutues caméras cachées ? C’est un canular, c’est ça ? Très drôle, vraiment. Je pleuuure de rire.  »

Ta voix se brisa, et tu te mordis les lèvres. Ta réaction était peut-être trop excessive, non ? Pauvre serveur, peut-être qu’il n’était au courant de rien, et qu’il devait juste se contenter de lire ta phrase pour lire ta réaction !



La phrase ! Mais oui ! Tu fis rapidement le tour du comptoir, t’approchant à grand pas de lui, tout en lui lançant un regard rempli de fierté et de défi. Il était carrément plus grand que toi, et légèrement intimidant. Mais pas assez pour te faire peur, toi la …. Grande Oswin qui pleurait devant sa prétendue âme-sœur ?

Flopette.

« Montre-la-moi ! »

Tu lui saisis le poignet sans te laisser démolir par tes démons intérieurs. De ta main libre, tu essuyas les dernières traces de tes larmes amères, et tu baissas les yeux pour lire la phrase aux coloris orangés sur son avant-bras.

Une glace avec double nappage banane et triple supplément kitkat.

Hé merde.
Tu sentis ton cœur s’affoler, ton ventre se tordre, et lorsque tu relevas la tête, proche de lui, tu crus défaillir.

« Mais … »


Bon sang. Tu n’y avais jamais cru jusqu’à présent. Et voilà que tout était bouleversé.
Pourquoi fallait-il qu’à cette heure-ci, cette minute précise, cette seconde-là, tu ailles envie d’une glace avec de la banane et du kitkat ?

Pourquoi une glace en plein mois de février ?

Stupides hormones.



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Mer 8 Fév - 23:59
The Queen & The Valet
Tu vois, maintenant que j'y pensais... Avant même que j'ouvre les lèvres pour lire et répéter c'te phrase que j'étais censé dire à mon «âme soeur», j'avais eu le temps, très brièvement, de croiser son regard. Et bien qu'elle ne se doutait probablement pas de ce que je m'apprêtais à lui balancer, j'avais comme eu la vague impression d'y lire un je ne sais quoi, une sorte de petite lueur... Le truc qui clairement, me hurlait de fermer ma gueule, et d'oublier cette idée. Pourtant, dans un élan de courage, ou surtout parce qu'il était de toute manière trop tard pour faire machine arrière, et aussi parce que, bordel, elle était vraiment jolie, et que j'avais pas envie de passer à côté de ça, je m'étais lancé, et ces foutus mots, je les avais dis, je les avais prononcés, et il faudrait clairement que je les assume, malgré le grand blanc qui les suivait, malgré le silence qui s'était installé et qui pesait, même si ça ne faisait que quelques vagues secondes qu'il était tombé.

Et si dans ma petite tête, je m'étais mis à prier pour qu'elle choisisse de dire quelque chose, pour qu'elle ne reste pas silencieuse à cette déclaration, jamais je n'aurais vraiment imaginé ce qui allait suivre. Parce que c'est vrai... C'est plutôt censé être joyeux comme nouvelle non ? Je veux dire, je connais personne qui serait prêt à maudire ce jour fatidique. Même si, bon, okay, je suis pas vraiment le meilleur partis du coin, et ouais, y a mieux comme gars. J'suis pas du genre de ceux que tu verras passer à la télé, dans une pub pour du parfum, ou pour je ne sais quoi d'autre, je suis pas le mec qui fait fantasmer toutes les nanas du coin, et j'ai pas les finances d'un ministre, mais hé... On est pas censé passer au dessus de tout ça, de tout ces détails quand tu rencontre LA personne, celle que t'es censé aimer pour le reste de tes jours, et qui te le rendra bien ?

Alors ouais... J'me demande quand même pourquoi, quand elle me balance brutalement les serviettes a l'effigie du restaurant dans la gueule, et que du coin de l’œil, j'arrive à remarquer une de ces perles salées qui coulent le long de sa joue. Naturellement, je venais de lever le bras pour me protéger de cette vaine attaque, grimaçant distraitement en baissant les yeux sur les papiers qui venaient de se casser la gueule à mes pieds, m'arrachant un soupire las au passage. Comment est ce que je devais le prendre ? J'avoue, je suis un peu déçu... De quoi...? De provoquer ce genre de réaction. Bon, je m'attendais pas non plus à ce qu'elle se jette dans mes bras, hein, mais de la faire pleurer...? C'est vraiment naze, j'ai l'impression de grandement la décevoir, elle aussi, et ça, c'est encore moins cool.

En relevant les yeux sur elle, j'aurais presque envie de lui larguer un sourire et de lui dire «Ouais, pardon, c'était juste pour t'emmerder», parce que vraiment, elle avait pas l'air d'être des plus heureuse, mais avant même que je ne puisse faire quoi que ce soit, la voilà qui fait le tour du comptoir, et qui se ramène vers moi, d'un pas décidé, prête à en découdre. Et, un instant, j'me dis que si vraiment je m'étais foutu de sa gueule, alors là, j'aurais eu le droit à son poing en pleine face. Heureusement pour moi, c'est pas le cas, et j'espère bien qu'elle va le comprendre, alors que je lui tend le bras sagement sans chercher à protester.

Mais le pire restait encore à venir, quand lorsqu'elle semble comprendre, et qu'elle relève les yeux vers moi, un peu perdu, déçu, mécontente, en colère... Et probablement habité par tout un tas d'autres sentiments contradictoires. Un peu comme chez moi, sauf que moi, j'le prends sans doute mieux qu'elle, et que j'ai pas envie de me mettre à pleurer, parce qu'au fond, moi, ça me réjouit, ne serais ce qu'un peu, d'avoir trouvé ma moitié. Alors, l'air vaguement embarrassé pour elle, je passais brièvement mes doigts sur ma nuque en la scrutant.

«Hé ouais... C'est comme ça.» je peux pas m'empêcher d'agrémenter le tout d'une grimace, et d'un rapide détournement du regard «En tout cas, ça a pas franchement l'air de te réjouir...»

Et je savais pas trop comment prendre ça. J'suis vraiment si atroce que ça, au point d'en venir à pleurer, et de me balancer le premier truc qui passe à la gueule ? Enfin, j'essaye quand même de garder espoir, et sans me départir d'un léger sourire, je me permets de venir essuyer l'une de ses larmes du pouce.

«J'espère que je suis pas aussi décevant que ça...»
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Oswin A. Noble
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Jeu 9 Fév - 21:56

Feat. Bob & Oswin
Et ainsi, perdue dans tes songes, yeux dans les yeux, engloutie par un flot d’émotions incontrôlables, entrelacés avec le passé, communicant avec le présent, appréhendant le futur, le silence régnait en maitre. Désireux. Angoissant. Serein.

Tu te mordis les lèvres, furieusement. Et enfin, depuis le début de cette foutue journée, de cette semaine difficile, de ce mois inlassable, de cette vie monotone, tu décidas de prêter attention aux détails insignifiants.

Il était grand, ce qui était bien, en soi, car la taille était le premier élément sur ta liste du parfait petit-ami. Il te dépassait d’une bonne tête, et à présent que tu te tenais face à lui, que tu lui avait attrapé le bras sans délicatesse, alors oui, tu devais avouer qu’il avait un petit air intimidant.

Deuxième et point très important de ta liste. Il était américain. Du moins, tu l’avais déduis grâce au petit nom sur son badge – Bob. Et toi, tu en connaissais pas beaucoup des Bob pas américains. Enfin, Bob c’était vraiment le prénom cliché des US. On ne trouvait jamais un Bob Kamikaze, ou un Bob vendeur de viande Halal. Mais des Bob serveur de fast-food ou garagiste.

Ou des Bob l’Eponge, par exemple.

Tu retins un fou rire, te faisant la réflexion que ton serveur à toi – parce qu’il était tien maintenant, du moins, vous étiez voués à être à l’autre – ne ressemblait en rien avec l’éponge jaune. Tu repris ta contemplation des yeux, ton regard glissant vers son visage gracile. Il avait un nez en trompette, amusant et fin, et des traits tracés à la perfection.
Mais il était loin d’être parfait, et c’est ce qui le rendait si … attirant ? Ses joues rosées étaient parsemées de petites tâches de rousseurs, disgracieuses, presque invisible, mais tout de même bien présente. Et puis, barrant son regard d’un bleu profond, comme un ciel sans nuages et sans tempêtes, une longue et fine cicatrice partait de son arcade pour rejoindre sa mâchoire inférieure.

Mâchoires, qui, un autre point de ta liste, ressortait divinement, bien dessinée et carrée, comme tu les aimais. Et, comme pour souligner ses traits, une barbichette de quelques jours, amusante, du même roux foncé – peut-être du brun clair, soyons honnêtes – que ses cheveux qui partaient dans tous les sens.

Il n’était pas parfait, pas du tout. Mais sur ta liste du parfait petit-ami, que tu avais fièrement élaboré lors de ton âge d’or au lycée, il marquait énormément de point. Et puis, l’imperfection, c’est ce qui rendait le tout plus facile à aimer, non ? Les petits détails à découvrir, les défauts qui faisaient hausser les sourcils, et qu’on apprenait à chérir avec le temps.

Tu te mis une claque mentale. Rectification. Tu ne voulais pas l’aimer. Ni te mettre avec lui, ou avoir, ne serait-ce qu’une chose qui dépassait l’entendement avec lui. Il était ton âme-sœur, peut-être, mais étais-ce stipulé à quelque part que tu étais obligé de vivre et d’aimer ton âme-sœur ? Bien sur que non.

Vous pouviez vous contenter de vous voir chaque tant de temps, comme pour remplir un devoir envers Dieu, ou envers le pervers qui avait marqué ces phrases stupides sur vos bras. Et tu vivrais ta vie, loin de lui, loin de tout ce que tu ne désirais pas.

L’amour. L’Amour avec un grand A te faisait peur. Sincèrement, tu ne l’avais jamais ressenti. Certes, tu avais fricoté, couché, vécu des grandes histoires avec de grand émois. Mais jamais, jamais tu n’avais ressenti cette sensation que tu espérais ressentir un jour, celle que tu lisais dans les romans d’amour que tu dévorais dans ta jeunesse.

Et puis, Bob non plus, ne voulait sûrement pas de cette relation. De toute manière, tu n’étais peut-être même pas assez bien pour lui. Lui, il avait un métier, il gagnait de l’argent fixe – et dire que tu te faisais la réflexion de son salaire avant d'en connaitre le montant – et toi, toi, tu étais une vulgaire étudiante, chanteuse à temps perdue, trimant et puisant dans tes ultimes ressources pour faire décoller en vain une carrière. C’était pitoyable. Tu étais pitoyable.

C’était ça. Tu n’étais pas, et tu ne serais jamais assez bien pour lui. Sans parler du fait, que, tu ne savais même pas si tu allais être capable de t’attacher, d’aimer, de vivre ta vie sans te poser de questions …

Et puis, soudainement, croisant son regard morne, tu te rendis compte que ta réaction était vraiment exagérée. Que se mettre à pleurer, et piquer ta crise était inadapté. Ses yeux reflétaient sa déception, et tes démons intérieurs t’assaillirent avec force.

Tu n’es pas assez bien pour lui.

« Hé ouais... C'est comme ça. »

Il grimaça, et ton cœur sursauta, ton ventre se tordit, et tu sus que tu avais merdé.

« En tout cas, ça a pas franchement l'air de te réjouir...»

Tu tentas de démentir, mais avant que tu n'arrives à trouver les mots justes, il continua sur sa lancée, t’enfonçant encore plus dans ton trou rempli de culpabilité.

« J'espère que je suis pas aussi décevant que ça...»

Tu te mordis les lèvres, avec hargne, prenant doucement ta respiration pour essayer de trouver les mots justes. Comme s’ils étaient déjà tracés à l’avance, tu sus exactement quoi dire, comme poussé par ton instinct, le cœur palpitant.

« Je suis désolée … Ne le prend pas personnellement. »

Tu lui offris un charmant sourire pour détendre l’atmosphère, ta main toujours tenant son bras gauche. Tu plongeas ton regard dans le sien.

« Vraiment, et je suis sincèrement désolée d’avoir réagi comme ça. »

Tu baissas les yeux, incapable de soutenir son regard bleuté. Tu relus pour la millième fois ta Phrase, tracée en rose, avant de lire cette de ta moitié, que tu caressais du bout des doigts, sans te rendre compte que ton geste pouvait être réellement gênant.

« C’est juste que … J’ai toujours grandi en haïssant cette phrase, en haïssant le jour où un idiot me la dirait. Et ce jour, c’est maintenant, et cet idiot, c’est toi. Alors, je ne sais pas trop quoi faire, comment réagir ... »

Tu enroulas un de tes doigts dans une de mèches de tes cheveux, te mordant les lèvres, nerveuse, en pouffant doucement de rire.

« Je me suis préparée toute ma vie à ce jour, à l'idée de te défoncer la gueule pour oser me dire une phrase aussi beauf que ça. Et maintenant, tu es en face de moi, et je ne sais même pas quoi te dire. Je n’aurai même pas la force de te frapper, de te faire subir en pire ce que mes camarades de classes m’ont fait subir lorsque j’étais plus jeune. J’ai vécu sans jamais croire en toi, et tu es là, devant moi. »

Ok, tu te répétais un peu, mais tu avais vraiment besoin de vider ton sac et d’exprimer tes sentiments. Et puis, puisqu’il était ton âme-sœur, il pouvait bien supporter que tu aies un peu de mal à t’y faire, non ? Ça ne devait pas être facile pour lui non plus, tu le concevais bien.

Tu relevas les yeux pour croiser son regard, et tu lui souris doucement.

« Et je ne suis pas déçue du tout ! D’après ma liste du parfait futur gendre établi entre ma mère, ma meilleure amie, et moi, tu remplis énormément de points. Ne t’inquiète pas pour ça. »

Tu te mordis les lèvres, pour ne pas rigoler nerveusement. Ça faisait un peu psychopathe, dis comme ça, mais ce n’était pas ta faute. Tu avais tellement la pression, et tellement le trac. Pire encore que lorsque tu devais monter sur scène.

La pression, justement.
Tu sentis ton cœur palpiter, et tu voyais tes mains trembler. Il fallait vraiment que tu te calmes, et que tu mettes de l’ordre dans ton esprit surchauffé. Bon sang.

Tu lâchas sa main, à regret sans vouloir l’avouer, pour faire quelques pas en arrière, prenant appui sur le comptoir pour essayer de calmer la symphonie qui se jouait dans ton corps.

« Et toi, pas trop déçu ? J’ai cru comprendre que tu aimais bien mes seins … »

Tu lui fis un sourire amusé, et ton regard dériva encore jusqu’à son petit badge plastifié.

«  Bob. »








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Jeu 23 Fév - 17:15
The Queen & The Valet
Ne pas le prendre personnellement, comme elle me le suggérait, c'était plutôt difficilement envisageable. C'est vrai, j'étais clairement pas celui qu'elle attendait, et je l'avais bien rapidement compris. Je me demandais d'ailleurs, pendant un court instant alors qu'elle se mordait furieusement les lèvres, si y avait pas eu comme une sorte de bug dans la matrice. Une erreur, une petite faute de rien du tout qu'y avait été commise... Peut-être que là haut, l'abruti qui nous surveillait s'était gouré, et qu'au lieu de commander un nappage banane, elle avait juste eu l'intention d'en demander un caramel, ou chocolat, comme la plupart des clients qui passaient dans le coin. T'sais, comme une rayure sur le cd, et qui fait sauter la musique, y avait comme eu une brève rupture dans l'espace temps ou dans je ne sais quelle connerie, et en vrai, elle et moi, on avait aucun lien...! Ou alors peut-être que Dieu était con, et que parfois, il s'éclatait franchement en emmerdant des pauvres gens comme nous ! Sérieusement...

J'avais rien à lui reprocher, personnellement, parce qu'elle avait tout pour plaire au premier regard, et que là, tout au fond, et ben moi ça me réjouissait d'avoir une telle âme sœur...! Après toutes les conneries que j'avais entendu dire au long de ma courte vie, quand les gens avaient eu le malheur de lire ma phrase... Tout ce qu'on avait pu me balancer à la gueule, sur mon propre avenir, et sur l'apparence de ma future moitié. Avec tout ce que j'avais pu entendre, c'est clair que je l'imaginais pas du tout comme ça, mais plutôt... Plus ronde, plus... Moins... Bref, t'vois le genre...? Enfin, pas besoin d'être médium pour savoir qu'ici, je suis le seul abruti qu'est content de cette découverte.

Tout au moins, elle cherchait à se montrer sympa, en s'excusant, alors que je me contentais d'un vague «c'est pas grave» comme seule réponse, tout en la dévisageant du regard, mes yeux s'attardant longuement sur sa peau, sur les traits de son visage que je m'efforce de graver quelque part au fond de ce truc qui me sert de cervelle. Je suis tellement concentré sur ce que je fais, sur elle, que je suis pas vraiment ce qu'elle est en train de me dire. C'est vrai, regardez là... Elle est franchement trop mignonne alors qu'elle joue distraitement avec l'une de ses mèches de cheveux en pouffant de rire. Ses yeux bleus sont franchement parfait, ce petit nez...! Tout a fait adorable ! Cet air qu'elle a, et oh, bordel... Ces lèvres... Une telle créature, c'est pas permis...! C'est clair que vu comme ça, on est pas prêt de... Hé... Hein...? Oh, whow, deux minutes...! Elle vient de dire qu'elle voulait me défoncer la gueule, là, je rêve pas...?

Loin de l'instant romantique que je venais d'avoir, je grimaçais discrètement. Fort heureusement pour moi, elle semblait un peu paumé, et trop ailleurs pour réfléchir correctement, et faire ce qu'elle avait prévu de faire à la base. Elle parlait pas mal néanmoins, et bien que j'étais assez certain de moi en affirmant que je la décevais, elle tentait cependant de me rassurer, d'une certaine façon. D'après ce qu'elle me disait, je marquais des points, mais en même temps, dans son attitude, sa façon d'être.. J'avais pas trop cette impression la.

«Mmmh...»

Ouais, sur le coup, je voyais pas trop quoi dire d'autre... Et je sais que c'est un peu con sans doute, mais j'étais pas tellement convaincu de son aveu, parce que quelque chose me disait que malgré tout, les choses s'arrêtaient là. Haussant distraitement les sourcils, je baissais brièvement le regard sur ses doigts qui s'éloignent des miens, avant de relever les yeux pour les plonger dans les siens. Un instant, un sourire étire mes lèvres.

«Ouais, je...! Fin, ils sont...» je me rends compte qu'en dire plus, ce serait grave m'enfoncer, alors je baisse les yeux et je me contente d'un discret «bien..» avant de me racler la gorge et de la scruter de plus bel, en prenant appuie contre le comptoir sagement «Non, j'suis pas déçu... Au contraire, même, j'dirais, j'pensais pas mériter autant alors...»

Un vague silence s'installe alors que je regarde ailleurs. J'me sens pas super à l'aise, parce que j'ai l'impression que quoi que je vais dire, ça ne fera qu'empirer les choses, tout en comprenant à moitié que de toute manière, tout est probablement déjà joué. Je laisse finalement un soupire m'échapper, alors que je reprends.

«Enfin je...! Je peux comprendre que ça ne t'intéresse pas, hein... Des tas de personnes connaissent leur âme sœur, et vivent leur vie en ignorant complètement ce phénomène, après tout.»

En me redressant, j'allais vers la machine à glace, tout en chopant un emballage. La glace, le nappage, le kitkat... Je me retourne finalement pour le lui tendre, l'air de rien, avec la petite cuillère encore emballé.

«Ta commande.»
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La bouffe, c'est la vie. Sans bouffe, tu vis plus. Alors je travaille pour que tu vive. Tu devrais me remercier, t'vois ?


Sinon, j'parle en ff6633, au cas où ca t'intéresse.

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Oswin A. Noble
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Mar 28 Mar - 12:52

Feat. Bob & Oswin
Dans la vie, tu avais très souvent été confrontée à des choix. Comme choisir entre le parfum framboise ou le parfum fraise de ton sorbet lors de tes 6 ans. Ou décider si tu mettrais une robe rose ou bleu à ton premier rencard. Jamais rien de bien phénoménal, heureusement. Mais lorsque tu étais confrontée à quelque chose qui te dépassait, ou qui dépassait l’entendement, tu te montrais lâche.

Non. Lâche n’était pas le mot. Ce n’était pas de la lâcheté, non, de ne pas se prononcer devant des directions à prendre ? Toi, tu préférais foncer dans le mur, plutôt que de devoir choisir entre la gauche et la droite. Cet état d’esprit aurait pu être bénéfique, sauf qu’il te créait plus d’ennuis qu’autre chose.

Toujours remettre les choses au lendemain, remballer le ballon chez le voisin, et laisser en suspens les choses qui ne te semblait guère importante. Malgré tes qualités, tu avais aussi un petit lot de défaut, ce qui offrait un cocktail harmonieux, attachant, et un peu volcanique.

Mais c’est ce qui faisait ton charme. Du moins, tu l’espérais.

Et ainsi, face à face avec ton âme-sœur, cet homme étrange qui venait de débouler dans ta vie comme un boulet de canon défoncerait la proue d’un fier navire, le remettant en question – la comparaison était peut-être un peu forte, il était très doux, bien loin d’un boulet de canon. Tu avais toujours été pleine d’ambition, et pleins de bonnes intentions. Tu savais ce que tu voulais, et tu avais le pouvoir de l’avoir avec ta volonté.

Et maintenant, tu te posais multiples questions, tu remettais tes mœurs et regrets passés sur le tapis. Comme si ça allait changer quelque chose. Comme s’il allait changer quelque chose.

Tu l’entends mentionner le fait de vivre en restant ami. Tu hoches simplement la tête, parce que, c’est la seule chose qui te vient à l’esprit. Au fond, est-ce vraiment ce que tu veux ? Tu le fixes discrètement, pendant qu’il te tourne le dos pour préparer ta glace.

Tu l’observes de haut en bas, laissant ton regard dériver sur sa nuque semi-cachée, son fessier rebondi, ses jambes allongées, et puis, tu remets tout en question, encore et toujours.

Peut-être que ….

Non. Il n’y avait pas de peut-être.

«Ta commande.»

Tu sursautas, essayant de sortir de tes pensées.

- Quoi ?

Et puis, tu baissas les yeux en regardant le glace qu’il te tendais. Tu souris doucement, et sans te laisser faire, tu attrapas son poignet libre, et l’entrainais avec toi. De toute manière, à cet heure-ci, le fast-food était vide, et rien ni personne ne pouvait t’empêcher de faire comme bon te semble.

Tu entrainas Bob avec toi, et t’assis vers la table la plus proche des caisses – histoire que si un opportun client se pointait, Bob filerait vite au service -. Prenant délicatement la petite cuillère entre tes doigts, tu commenças à lentement manger ta glace, sans lâcher des yeux le serveur.

- Qu’est-ce qu’on fait, du coup ? Fin … Je ne sais pas si …. Enfin … Vu qu’on s’est enfin rencontré, est-ce qu’on va … changer ? Ressentir un manque, un besoin ? Tout cela me dépasse.

Lentement, tu passas ton doigt sur la phrase gravée à l’intérieur du bras de ton ami, un léger sourire dessiné sur tes lèvres.





Pride pour Epicode



Je suis désolée, j'ai mis un mois à répondre, et il est pas d'une super qualité ;__; J'espère que ça t'ira quand même

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Sam 20 Mai - 14:06
The Queen & The Valet
Comment discerner le vrai du faux ? Comment savoir si elle disait la vérité, ou si elle mentait uniquement dans l'idée de se faire bien voir, et de s'en aller, de s'éloigner le plus vite possible, et de tout faire pour ne plus jamais me croiser ensuite...? A vrai dire... Je pensais que quelque part, au fond d'elle, elle était probablement sincère. Parce que quelqu'un qui ne cherchait qu'à se débarrasser d'une autre personne ne ferait sans doute pas autant d'efforts pour essayer de convaincre cette dernière. Mais alors pourquoi...? Dans un coin de ma petite tête, je refusais de croire qu'elle était vraiment désolé, qu'elle compatissait ou que sais-je encore. Parce que... Ce serait franchement bizarre non...? N'importe qui rencontrant son âme sœur serait normalement ravis de ça. A moins que la personne en face ne soit absolument repoussante. Ou que dans sa vie, trop d'expériences avaient fait en sorte que ça ne se passe pas aussi bien. Et, bon, je ne pensais pas non plus être une abomination sans nom, même si je n'étais clairement pas le prince charmant, alors... Est ce qu'elle avait été traumatisé par un rendez-vous qui avait mal tourné...?

Ce n'était pas vraiment comme si je pouvais le lui demander comme ça, sans détours... En me retournant et en lui tendant la glace, je remarquais qu'elle semblait ailleurs. J'avais déjà bien compris qu'elle aurait sans doute préféré se trouver ailleurs, avec quelqu'un d'autre, mais quand même... Je ne faisais aucune remarque néanmoins, prêt à la laisser sagement filer avec sa glace, qu'elle ne mangerait peut-être même pas et qu'elle se contenterait sans doute de larguer dans la première poubelle en sortant, l'appétit bien coupé par ce qui venait de se passer. Je pensais déjà retourner à mon petit boulot tranquille, derrière mon comptoir, et à me changer les idées en ressortant le magasine, toujours le même, que je lisais chaque fois que je m'emmerdais, depuis que je travaillais ici. Mais alors que je m'imaginais déjà reprendre ma petite vie là où je venais de la laisser, je sentis ses doigts se refermer sur mon poignet, et m'attirer un peu plus loin, vers l'une des tables.

Cette fois, je ne savais plus du tout comment j'étais censé interpréter ça. Elle me faisait clairement comprendre que les choses n'iraient pas très loin entre nous, et en même temps... Elle se montrait douce, conciliante, et parfaitement adorable. Bref, elle était en train de m'embrouiller totalement, et je devais bien avouer qu'au fond, j'aurais sans doute préféré qu'elle adopte un comportement extrémistes. Qu'elle soit ok pour tout ça, ou qu'elle m'envoie balader sévère, histoire qu'on s'oublie chacun de notre côté, et que les choses reviennent à la normale. Mais loin de là, elle était plutôt... Vaguement ambigu. C'est vrai, entre amis, on passe pas son temps à se caresser le bras, les uns les autres, nan ? D'un seul coup, j'me sentais plutôt embarrassé, et je ne pu m'empêcher de détourner les yeux pour échapper à son regard. Me libérant distraitement de sa prise pour ramener mon bras vers moi, me raclant un peu la gorge au passage.

«Et ben... J'en sais pas plus que toi. Puisque c'est aussi ma première et dernière expérience du genre. Alors bon...»

Je savais pas trop quoi dire d'autre, et j'me sentais franchement con à vrai dire. Mais en même temps, je voyais pas trop ce qu'on avait à se dire de plus. Les choses étaient claires, et elle les avait accepté un peu plus tôt. On vivrait en tant qu'amis, elle et moi, chacun de son côté, et l'un comme l'autre, on aurait parfaitement le droit de construire quelque chose avec quelqu'un d'autre, de totalement étranger, tout en ne se mêlant pas de la vie privée de l'autre.

En m'installant au fond de ma chaise, je poussais un petit soupire, alors que l'idée subite d'une cigarette me remontait à la tête. Après ça, après cette discussion... Je comptais bien prendre ma pause. Clients ou pas. Je passais mes doigts dans mes cheveux, l'air de réfléchir un peu, avant de reprendre.

«On verra bien, de toute manière... Puisqu'on va repartir chacun de notre côté.» sans vraiment le vouloir, je laissais un petit silence s'installer, que je coupais finalement en haussant les épaules «Tu sais où me trouver au besoin.»
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