Une phrase, une simple phrase a le pouvoir de mener jusqu'à l'amour, avec un grand A.
 
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Shall we skate ? || Amadeus Edler. [TERMINÉ !!!!]

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Jeu 6 Avr - 23:31

A. Amadeus Edler

Adieu, sweet Amaryllis

nom Edler, ex-McKenzie
prénom Amaryllis, Amadeus. N’utilise plus qu’Amadeus, cela dit.
âge 27 ans.
financier Plutôt bien aisé grâce à papounet.
habitationManhattan

mon avatarA. Amadeus Edler

Genre Masculin.
nationalité Américain d'origines Autrichiennes.
métier Patineur artistique.
statut Divorcé.
Orientation Sexuelle Homosexuel.

La Phrase.

" Comme il vous plaira. " s'était amusé Dieu à écrire dans la chair de ta chair.


Amadeus a toujours vécu avec cette phrase, comme tout le monde, au final. Et si au début, il espérait sincèrement rencontrer la personne faite pour lui, depuis son ex-mari, il ne prie que pour une chose : la voir disparaître de son avant bras. Il en a peur, au final, en réalité. Peur d'être de nouveau enchaîné à... vous savez. Un escalier. Le fameux.
Caractère
Lorsqu’on voit pour la première fois Amadeus et son visage d’ange, on s’imagine bien souvent et très rapidement un jeune homme doux, gentil, bon. Et dans le fond, ce n’est pas faux. C’est même la parfaite vérité.

Cependant, il n’est pas pour autant dépourvu de caractère, que son passé, son histoire, son vécu, ont su forger avec minutie. Il ne supporte pas que l’on puisse lui manquer de respect, déteste qu’on s’amuse à le mégenrer de manière volontaire et remet avec un immense plaisir, à leur place, tous les cons qui s’amuseront à l’insulter à cause de ce qu’il est. Ou plutôt, qui il est. Et il n’hésitera pas une seule seconde à hausser le ton, voire à dégainer son langage le moins élégant. Et il sait faire preuve d’imagination pour les insultes, ne vous inquiétez pas…

C’est un jeune homme fort, malgré ses frêles épaules, qui sait se battre pour ce et ceux qu’il aime, ce qu’il veut, ce en quoi il croit. Ce qu’il veut, également. Il possède l’esprit de compétition, ce qui le force à se donner au maximum dans chacun de ses programmes en patinage. Ce qui porte plutôt bien ses fruits, puisqu’il réussit à se classer parmi les trois premiers, en règle générale.

Avant d’être Amadeus, il était obligé d’être Amaryllis. Et Amaryllis s’est trouvée dans une très mauvaise position. Marié par amour à un homme qu’il pensait bien, il a été battu par celui-ci. Les conséquences de ces violences ne sont rien d'autre que... eh bien... une crainte envers la gente masculine. Pourtant, Amadeus est homosexuel. Il est attiré par les hommes. Mais il a peur d'eux. Peur de s'engager dans une relation avec quelqu'un, au final. De se retrouver de nouveau dans une relation malsaine, perverse...

Cela ne l'a pas, pourtant, empêché de pouvoir, de nouveau, profiter de la vie et de son corps, de son plaisir, avec des amants occasionnels. Mais jamais plus d'un soir. Qui, parfois, ont pu découler sur quelques amitiés sympathiques. Mais jamais plus.

Alors forcément, il a peur de rencontrer son âme soeur. Il préfère, même, ne jamais la rencontrer. Voire carrément ne pas y croire. Se bercer d'illusions, se dire que c'est du bullshit, qu'il ne rencontrera jamais cette personne qu'on lui a prédestiné.

Ha... si tu savais, Ama...

Bref. Vous avez, maintenant, une idée de qui est ce jeune homme qui en a trop porté sur ses épaules trop frêles, mais qui n'a jamais courbé l'échine.



Histoire


« Félicitations, c’est une petite fille ! »

Il y a vingt-sept ans, mes yeux s’ouvraient sur le monde, dans la ville de New York, aux États-Unis d’Amérique. Mes parents, Avelyne et Hend Edler étaient sans doute les parents les plus heureux du monde -parmi d’autres parents des plus heureux du monde- et ce, quand bien même mon père aurait préféré un petit garçon. Ils ont souhaité garder le sexe de leur bébé secret pour avoir la surprise à l’accouchement. C’est ainsi qu’est né Amaryllis.

Mais Amaryllis, ce n’est pas moi.

J’ai été élevé dans l’amour. Je n’ai jamais manqué de rien. Je suis allé en école privée dès tout petit et, si mon père avait -et a toujours- un travail qui lui demande énormément de temps, il a toujours réussi à se libérer pour pouvoir passer des moments de complicité avec moi. Je n’étais, certes, pas l’héritier masculin qu’il espérait pour reprendre, à sa suite, la tête de son entreprise pharmaceutique, mais je restais son enfant et, de ce fait, il m’aimait et me choyait comme le plus précieux des trésors qu’il pouvait posséder.

Cependant, dès que j’ai eu l’âge de comprendre et penser par moi-même, dès que j’ai eu l’âge de côtoyer d’autres enfants, j’ai très vite compris que quelque chose n’allait pas chez moi. Mon corps, en réalité. J’ai très vite refusé de manière très ferme tous vêtements féminins ou tous jouets « pour les filles ». Je pense, aujourd’hui, pouvoir dire clairement que j’enviais les garçons et que je développais une sorte… vous savez -non, peut-être pas, en réalité- de jalousie plutôt agressive envers tout ce qui avait rapport à la féminité. Je… détestais cela, tout simplement. Et cela s’est relativement ressenti, lorsque ma petite sœur, Julia, est née. Mes parents étant à l’écoute et attentifs, ont vite compris que quelque chose n’allait pas. Mais ils n’ont pas « bien » compris ce qu’il se passait. J’ai commencé, à l’âge de huit ans, à voir un pédopsychiatre. Celui-ci, plein de bonnes intentions et de bonnes mœurs, a décrété tout simplement que ce n’était qu’un « caprice enfantin » pour « attirer l’attention des adultes ». Que j’étais, en somme, en manque d’attention. Il a mis sous silence le véritable mal-être que j’essayais de communiquer avec lui. Très vite, je me suis renfermé lors des séances avant de finir par pleurer, ne serait-ce qu’à l’idée de devoir y aller. Et d’en faire de véritables crises d’angoisses. Mes parents ont rapidement réagi, me proposant de changer de traitant. Ce que j’ai refusé, effrayé à l’idée que cela se passe de la même manière.  J’ai tout de même eu de la chance dans mon malheur. Cet homme n’a pas été jusqu’à convaincre mes parents que je souffrais de dysphorie du genre. Que j’étais malade mental. Juste un peu perturbé, sans doute à cause de l’absence de mon père. Mais ce n’était pas ça. Cela dit… mes parents avaient réellement l’air inquiet… et en même temps, je les… rassurais. Grâce à ma passion, découverte un peu plus tôt, pour le patinage artistique. Tout le mal-être que j’accumulais au quotidien ou à cause des séances, je tentais de l’évacuer pendant les cours de patinage, de gymnastique et de danse. Mais même là encore, j’étais… soumis mon sexe… Les histoires de tenues correctes, tout ça. Mais je refusais de porter un justaucorps. C’est… bien trop échancré, cela en dévoilait beaucoup trop. Cela… me faisait réellement… eh bien… passer pour une fille, malgré que je ne me sois jamais senti… appartenir à ce genre. Seulement… à cet âge-là, on ne me laissait pas le choix. Et après tout, je n’étais qu’un enfant. Et les enfants sont soumis aux ordres des adultes, quel qu’ils soient. C’était mon cas…

Cela dit, le plus compliqué, pour moi, ça a été à la puberté, lorsque mon corps s’est mis à changer drastiquement. Ma poitrine s’est mise à pousser, ma taille à s’affiner, mes hanches à s’élargir… je ressemblais de plus en plus à une femme. Et cela me dégoûtais. Je ne pouvais plus me regarder dans un miroir. Et je ne supportais pas le regard des autres. J’ai très vite commencé à me bander la poitrine, en cachette, ne demandais à n’avoir que des vêtements neutres voire masculins. J’ai toujours refusé les cheveux longs, mais ma mère refusant également de m’emmener chez le coiffeur, j’ai dû prendre le taureau par les cornes. Une paire de ciseaux, la salle de bain, j’ai coupé ma crinière rousse pour la raccourcir. C’était un tel massacre que maman a été obligée, ce coup-ci, d’accéder à ma requête.

Bref. Vous l’aurez compris, je n’ai absolument pas assumé ce corps qui se formait de plus en plus. Et comme si je n’avais pas assez à faire avec mon mal-être personnel, il a fallu que les jeunes de mon âge en rajoute, en brimant lors du collège. J’étais différent. Alors forcément, c’était l’excuse parfaite pour s’en prendre à moi. J’ai connu très jeune la dépression. Et j’ai également su très jeune ce que cela faisait de se couper pour « purger » la douleur que l’on ressent à l’intérieur. Mais… les choses qui m’ont permis de tenir, c’étaient les sports que je pratiquais dans le but de devenir professionnel en patinage. Mes parents ont rapidement saisi que je voulais me professionnaliser.

Après le collège, j’ai pu arrêter d’aller à l’école pour me concentrer sur le patinage. Mes parents m’ont engagé un coach, choisi sur le volet. Quelqu’un qui m’aurait déjà observé, qui connaîtrait déjà mon style de patinage. C’est un homme du nom d’Abel Brown qui m’a pris en charge. Et qui a su me comprendre mieux que personne. M’accepter également. Et enfin, mettre des mots sur ce que j’étais, ce que personne d’autre n’a jamais su faire : j’étais transgenre. Né dans le mauvais corps, avec le mauvais sexe. Et ça m’a soulagé, d’avoir enfin des réponses, quant à ce qui me taraudait depuis si longtemps. C’est lui qui a, et qui aujourd’hui encore, créé mes programmes pour les compétitions et qui me choisissait des costumes, avec mon approbation, bien évidemment. Des pantalons. Des hauts à cols ronds. Rien d’échancré. Rien qui ne dévoile quoi que ce soit qui ne me corresponde pas. Il m’a également trouvé l’instrument parfait pour cacher ma poitrine, ce qu’aujourd’hui, on appelle un binder. Bien évidemment, j’étais la cible de pas mal de moqueries ou ragots ou quoi que ce soit d’autre du genre.  

Vous dire que tout a été facile pour moi serait un immense mensonge. J’ai entrepris de retourner voir des psy, cherchant des réponses, des solutions, un moyen de me sentir mieux, en fait. Et j’ai trouvé quelqu’un qui a su m’aider, qui a su m’orienter et m’orienter. Me donner le courage d’en parler à ma mère, pour commencer. Puis… à mon père et ma sœur. Celle qui a le mieux accepter les faits, ça a été Julia. Je l’avais repoussé par jalousie et par haine de cette féminité qui m’était imposée et dont je ne voulais pas., toutes ces années. Elle ne comprenait pas pourquoi. Et lorsqu’elle a su, elle m’a tout pardonné. Et elle m’a aidé. Elle m’accompagnait faire les boutiques, m’acheter des tenues masculines, me prenait des rendez-vous chez le coiffeur lorsque mes cheveux devenaient trop longs. Et elle me défendait, lorsque mon père… m’attaquait de plein fouet sur mon identité. Il a eu des mots très durs, c’est vrai. Mais elle… Julia… elle prenait mon parti. Et elle tentait de lui expliquer, elle aussi. Avec ses mots d’adolescente… Ma mère, elle, restait silencieuse. Elle ne disait rien. Elle… me regardait à peine, en fait. Je crois qu’elle ne savait pas quoi penser, quoi dire, quoi faire.

Je leur en ai un peu voulu, c’est vrai. Je ne vais pas vous mentir. Mais… à force d’en discuter avec mon traitant, j’ai appris, j’ai compris. Et j’ai pardonné.

Bref… j’ai subi la puberté. Subi. C’est le terme. Et puis en plus, je n’ai réellement pas eu de chance, puisque… ce corps qui n’était pas le mien, ce corps de femme, était… vraiment « bien » proportionné. Pour n’importe qui d’autre, cela aurait été une belle poitrine, de jolies hanches arrondies, une taille bien marquée… pour moi, c’était l’enfer. Une cage, dans laquelle j’étais enfermée. J’en arrivais à haïr mon reflet, à haïr ce corps, et ne pas pouvoir me regarder… plus bas. Ma vie sexuelle en a fortement patie, puisque je n’ai jamais laissé qui que ce soit me toucher ici. Je faisais l’amour à mes copains. Mais eux n’avaient pas le droit de me toucher « là ». Et forcément, ils ne me comprenaient pas vraiment, alors jamais une histoire a duré plus de quelques mois.

À l’âge de vingt-et-un ans, j’ai toutefois rencontré celui que je pensais être le bon. Il n’était pas l’autre moitié de cette phrase, que j’attendais impatiemment. Mais il était l’homme parfait. Andrew McKenzie, le frère d’une jeune patineuse débutante. Nous nous sommes rencontrés lors d’un gala, après un concours auquel elle faisait sa première participation. Et où elle avait réussi à se classer troisième. Nos regards se sont croisés. Je m’en souviens parfaitement. J’ai rougi. Et j’ai baissé les yeux. Je me rappelle avoir espéré, sur le coup. Qu’il vienne me parler. Qu’il m’aborde. Malgré tout. Car tout le monde était au courant. Mais je n’avais pas non plus envie qu’il vienne et qu’il me dise ce que quasiment tous me disaient « Hey, c’est toi la nana bizarre qui se prend pour un mec ? ». Ça me faisait peur, oui. Je ne voulais pas de ça, clairement… Et il m’a surpris. Il s’est approché, en souriant. Mais pas ce genre de sourire moqueur. Plutôt… vous savez, le véritable sourire charmant, plein de bonnes intentions. Et il a ouvert la bouche.

« Tu es Ama Edler, c’est bien ça ? Je t’ai vu sur la glace et je n’ai pas pu détâcher mon regard de ta personne. Tu avais l’air… non pas de glisser mais de voler. Oui. Tu étais… enivrant. Bluffant. Tout simplement sublime, en fait. »

J’étais… j’étais choqué. Il m’avait correctement genré. Il… semblait respecter cela. Il m’a expliqué après, devant mon regard ahuri, que c’était sa sœur qui lui avait expliqué, que j’étais un garçon dans le corps d’une fille. Et cela n’a pas semblé le déranger. Et nous avons passé la soirée à discuter, avant de nous échanger nos numéros de téléphone. Il m’a recontacté le lendemain, pour m’inviter à boire un café avec lui. Et j’ai accepté. Nous avons beaucoup parlé et beaucoup ri. Nous étions sur la même longueur d’ondes. Il était plus âgé que moi de quelques années, était en dernière année de fac, des études de commerce et de management, dans l’espoir de pouvoir monter sa propre entreprise, plus tard. Mais d’abord, faire ses armes, quelque part. En quelques mois, nous nous sommes mis à officialiser notre relation auprès de sa famille et de la mienne. Ses parents étaient ouverts d’esprit. Les miens également. Ou plutôt… les miens espéraient qu’il me fasse… vous savez… « retourner dans le droit chemin ». Mais il m’acceptait tel que je l’étais. Et j’étais heureux, avec lui.

Il a eu son diplôme avec de très bons résultats, et mon père a proposé de l’embaucher dans son entreprise. Lui offrir une chance. Bien évidemment, Andrew a tout de suite accepté. Et il s’est fait une place très rapidement, à la plus grande surprise de mon géniteur, qui voyait en lui un beau-fils prometteur, potentiellement capable de reprendre la tête de la direction lorsqu’il aurait besoin de partir en retraite.  Imaginez un peu à quel point Andrew était fier… et… à quel point il pouvait être proche de mon père. Après tout, il était le fils que ce dernier n’avait jamais eu…

Mais je me réjouissais pour lui. Et cela n’entachait pas notre amour. Et puis, au bout d’un an et demi de relation, il a commencé à me parler de mariage. C’était tôt, c’était rapide, c’est vrai. Mais je l’aimais. Il m’aimait. Nous nous aimions. Et j’étais naïf, peut-être. Sûrement… J’ai accepté, donc. Et je suis devenue aux yeux de l’état « Madame » McKenzie. Mais s’il n’y avait qu’aux yeux de l’état, que j’étais « madame »…

Andrew a beaucoup changé, les mois qui ont suivi. Il passait plus de temps avec mon père qu’avec moi, ne me parlait plus que de son travail. Plus que de lui. De ses potentielles évolutions de carrière. De tous ses projets futurs. Et petit à petit, il a commencé à me dire ce qu’on lui disait à mon sujet. Qu’il commençait à avoir honte de moi. Que je devrais songer à agir un peu plus comme mon « rang » l’exigeait. En tant que femme. Sa femme.

Je me suis renfermé dans le patinage, m’entraînant encore plus, jusqu’à l’épuisement. Et alors, arrivait le moment de rentrer. Et la crise d’angoisse qui allait avec. Les premiers jours, Abel m’a gentiment proposé de venir chez lui, il m’a hébergé. Mais au bout de trois jours sans rentrer, Andrew a fini par venir me chercher. Sans douceur. Sans tendresse. Et en rentrant…

« Désolé Abel… je suis tombé dans les escaliers… je me suis… un peu amoché… on peut y aller doucement, aujourd’hui, s’il te plait ? »

Je suis tombé dans les escaliers est devenue la phrase que je prononçais le plus. Abel, Julia, mes parents… personne ne posait de question. Ils… semblaient me croire ? Je n’en sais rien. Mais les coups d’Andrew se faisaient plus violents. Et plus visibles. Un cocard. Une lèvre fendue. Une arcade explosée. Une pommette bleuie ou ensanglantée. Une cheville foulée. Un poignet cassé. J’ai frôlé par deux fois la commotion cérébrale. Trois fois l’épaule démise. Une fois le bras cassé. Je n’étais plus que l’ombre de moi-même. Je vivais dans la peur. Je n’avais plus le droit de sortir de la maison, quand bien même un important concours se préparait, pour lequel j’étais qualifié…

Mais tout pic de violence connait une apogée. Et j’en étais encore loin. Tout comme j’étais loin d’imaginer tout ce qu’Andrew était prêt à me faire subir pour que… je comprenne… que j’étais une femme. Que j’étais sa femme. Que j’étais sa chose. Et que je devais obéir… Ce soir-là, il avait bu. Il m’a redemandé, à ce que je le laisse me posséder tout entier, chose que j’avais refusé jusqu’alors et que je refusais encore. Je ne supportais pas l’idée que l’on puisse me toucher en un endroit que je haïssais tant. Je refusais qu’il puisse me toucher « là ». Le coup est parti sans que je m’en rende compte, me frappant à la tempe, m’assommant à moitié. Lorsque j’ai repris mes esprits, j’étais là, la joue plaquée contre la table, sa main gauche me tenant fermement la tête, la droite me bloquant douloureusement le bras, haut dans le dos, me déboitant par la suite l’épaule alors que je tentais de lutter. Mais le pire de tout ça, c’était la douleur physique de la perte de cette virginité qui n’était pas mienne. Et la rage. La haine. Le dégoût. Il allait et venait en cette seule partie qui ne m’appartenait pas, que je refusais corps et âme, qui me dégoûtait, me rebutait au plus haut point. Au point que cela en devienne maladif. J’ai commencé à me débattre, à crier, vouloir lui donner des coups de mon poings de libre, de mes pieds, écraser les siens, tout faire pour qu’il arrête, pour qu’il me lâche, pour...

« … que l’on me rende l’Andrew que j’aimais … »

Il était fou de rage, hors de lui. Il hurlait. Je pleurais. Je tentais de me défendre du bras valide qu’il me restait. Il a fini par m’attraper par les cheveux, me trainer sur le sol de notre appartement avant d’ouvrir la porte. Là encore, me trainer dans le couloir, jusqu’à la cage d’escaliers.

« Ce coup-ci, ce ne sera pas un mensonge. »

Il a lâché, froidement, avant de me jeter dans les marches. J’ai dévalé les escaliers avant de m’écraser lourdement contre le mur, sonné. Les larmes coulaient. J’avais mal. Je voulais que tout cela se termine. Et pourtant… j’avais une peur monstre qu’il finisse par me tuer.

C’est un voisin qui m’a sauvé. Il a entendu les cris de la dispute, de la chute également, puis a appelé la police et les secours avant de sortir et se ruer à mon secours. Andrew était dans un tel état qu’il l’a frappé, lui aussi, alors qu’il tentait simplement de me protéger. Par chance, les policiers et les secours sont arrivés rapidement, arrêtant Andrew pris sur le fait et nous emmenant, notre voisin et moi, à l’hôpital. J’ai perdu connaissance aussitôt en sécurité… Je ne me suis réveillé que plusieurs jours plus tard. Mes parents et Julia étaient à mon chevet, endormis, chacun autour de moi. Maman me tenait la main droite. Julia la gauche. Et la main de papa était posée sur mon mollet. Et… pour la première fois depuis bien longtemps… je me suis senti entouré et soutenu par toute ma famille. Leurs yeux étaient cernés. Ils avaient encore les traces de leurs larmes sur les joues. Ils ont pleuré pour moi. Tous les trois. Ce n’est que lorsque l’infirmière a fait son entrée dans la chambre et a constaté mon réveil qu’ils se sont tous réveillés à leur tour. Et alors, ça a été l’effusion de joie.  


Alors, papa a renvoyé maman et Julia à la maison, pour qu’elles se reposent. Et il est resté avec moi. Il n’osait pas me regarder, au début. Il faut dire que je n’étais vraiment pas beau à voir… Il a su tout ce qu’il s’était passé, ce soir là, la police et les médecins lui ayant fait un rapport plus que détaillé. Il… m’a surpris, ensuite. Il m’a raconté qu’il avait renvoyé Andrew, que ce dernier ne travaillerait plus dans son entreprise. Il m’a aussi dit qu’il avait déposé une plainte contre lui et que, grâce à ses contact et ses avocats, il avait obtenu une injonction contre Andrew à mon égard et à celui de la famille. Ce dernier n’a plus le droit, depuis, de nous approcher à moins de cinq-cents mètres. Auquel cas, il peut être arrêté par la police. Il m’a aussi dit qu’il avait forcé Andrew a demander le divorce et, en tant que mon représentant légal, pendant que j’étais dans le coma, il a signé les papiers pour moi. Tout est passé facilement, une fois encore grâce à ses avocats… et il faut dire que la situation ne plaidait pas en la faveur d’Andrew. J’étais de nouveau Amaryllis Edler. Cependant… papa m’a également avoué qu’il avait réellement eu peur de me perdre. Quand je suis arrivé à l’hôpital, mon état était critique. Andrew m’avait tellement roué de coup qu’il avait réussi à me causer une rupture de la rate et l’hémorragie était importante. J’ai été en bloc pendant quelques heures, jusqu’à ce que les chirurgiens réussissent à stabiliser mon état.

Papa m’a expliqué… que cela lui avait alors ouvert les yeux. Andrew avait tenté de s’expliquer avec lui, lui dire pourquoi il en était arrivé à un tel point. Il lui a dit qu’il -papa- se plaignait tellement que je ne me considère pas comme sa fille qu’Andrew avait tenté de me faire rentrer dans le droit chemin… et papa a compris. Il a compris. Que je n’étais pas une femme. Que… j’ai souffert, jusque-là. Mais je ne m’en plaignais plus depuis bien longtemps pour ne pas leur faire de mal, à maman et à lui.

Et alors, il a accepté. Que je sois un homme ou une femme, cela ne changeait plus, pour lui, le fait que j’étais avant tout, envers et contre tout, son enfant. J’ai fondu en larmes, lorsqu’il m’a dit cela. Et il m’a aussi dit que maman pensait la même chose, ainsi que Julia. Même si, pour Julia, cela faisait bien longtemps que je le savais…

Il a commencé à me financer ma transition. Mes rendez-vous chez le psychologue, mon traitement hormonal… j’ai dû arrêter les compétitions de patinage. Une femme sous testostérone, c’est considéré comme du dopage.  Mais très franchement, pour la première fois de ma vie, je m’en moquais de me retrouver privé de ma passion, pour un plus ou moins long terme. Tout simplement car la raison me poussant à me mettre en pause était… eh bien… tout simplement, le fait que j’allais enfin devenir celui que je devais être. Celui que je suis, aujourd’hui. Moi. Un homme. Dans un corps d’homme. Mon coach a compris. Il me connaissait presque mieux que personne, après tout. Alors il ne pouvait que me dire « d’accord » et m’encourager. Enfin… m’encourager… agir comme d’habitude, en fait. Me superviser lors de mes entrainements, me gronder lorsque je poussais trop sur mon corps, me forcer à donner plus lorsque je ne le faisais pas assez, me proposer d’apprendre nouvelles figures…

Et au fil des mois, alors que je commençais à renforcer mes entrainements tandis que les premiers changements se faisaient voir, je commençais également à ressentir tout ça. Ces fameux changements. Plus de forces, petit à petit. Un peu moins de souplesse, également. Je devais la retravailler. Et même, deux fois plus durement qu’avant. Je me suis défoncé, tout bonnement. Et le pire dans tout ça, c’est que ça me faisait du bien. J’étais heureux, enfin. Véritablement heureux… comme jamais.

Je ne vous cacherais pas, cependant, qu’après Andrew, je me suis mis à me méfier des hommes. Et c’est encore le cas aujourd’hui. En d’autres mots… oui. J’en ai peur. Et ce, même si j’en suis… un. A part entière. Mais là, je digresse…

Au bout d’un an sous testostérone, j’ai fini par obtenir un rendez-vous pour une mammectomie. Enfin, j’allais me débarrasser de ces seins encombrants et ô combien féminins. Et enfin, j’allais pouvoir dire au revoir à mes binders qui me sciaient les côtes… Je comptais les jours jusqu’au rendez-vous. La veille, impossible de fermer l’œil. La nuit, pareil. J’étais beaucoup trop excité. Le temps me semblait ne pas passer, ou alors vraiment trop lentement. J’avais horriblement hâte. Vraiment.

Juste après l'opération, ça a été dur. Enfin, plus pénible que réellement dur. C’était pénible, très clairement, très pénible à vivre. J’ai eu du mal à lever les bras pendant un bon moment, j’avais des tubes qui me sortaient du torse, pendant quelques temps et… pas vraiment le truc le plus cool à vivre, niveau sensation. Mais le jour où j’ai enfin pu retirer tout ça…

« J’ai envie de pleurer… mais je suis trop excité pour pleurer… »

C’est la première chose que j’ai dit, lorsque j’ai enfin pu me voir dans le miroir, après la petite séance photo pour le rendu. Et puis, j’ai fondu en larmes. J’étais heureux. Mon père est venu me prendre dans ses bras et me serrer contre lui, pleurant également. Parce que cette année entière, il a été là pour moi. Il m’a soutenu, encouragé quand c’était dur. Il m’a accompagné. Il a vraiment… vraiment été présent… mais pas uniquement financièrement.

J’avais vingt-cinq ans. Cela faisait déjà deux ans et demis que j’étais sous testostérone… et ça a été… un énorme changement pour moi. J’étais heureux. Mais pas suffisant. J’étais mieux dans mon corps. Mais il me manquait toujours quelque chose en plus. Et j’avais toujours quelque chose en trop.

Et ce n’est qu’il n’y a deux mois que j’ai pu finaliser ma transition entière. Bien sûr, je n’ai pas de phallus qui s’est posé comme ça, comme par magie. J’ai dû passer plusieurs fois sur le billard, pour subir une hystérectomie totale avec une ovariectomie, afin de me … retirer tout ce qu’il restait de propre à la femme dans mon corps -enfin, presque, ok, j’en ai conscience mais merde, on est pas là pour chipoter, pas après tout ça !-, puis je suis passé par une phalloplastie, durant laquelle on m’a retiré, refermé le vagin, formé un scrotum à l’aide d’implants en silicones et, bien sûr… créé un phallus à partir de peau prélevée sur mon avant-bras.

Depuis deux mois, donc, je me sens enfin entier. Même si, depuis deux mois, je ne patine plus, parce que je suis sen arrêt. Me reste encore un mois à supporter. Et autant vous dire que je ne plaisante pas trop, parce que ça fait tout de même très mal, mine de rien…

J’ai également pu faire mon changement d’état civil. Et là, la question qui se posait… c’était celle du prénom. Quel prénom adopter ? Au final, ça n’a pas été si compliqué. J’ai demandé à papa et maman comment ils m’auraient appelé si j’étais né assigné homme. La réponse a été Amadeus. Et j’ai adoré ce prénom. Un véritable coup de cœur pour moi.

C’est ainsi qu’avec leur accord, je suis devenu Amaryllis Amadeus Edler. Ou plutôt A. Amadeus Edler. Je n’avais pas envie d’effacer ce prénom. Amaryllis… parce que je le trouve tout de même beau. Et qu’il reste une part de moi. Mais de manière usuelle, c’est Amadeus, pour tout le monde. Je me présente comme Amadeus Edler. Je m’inscrirais en compétition comme Amadeus Edler. Je SUIS Amadeus Edler.

Voilà. Cette dernière phrase me résume, au final. Je suis Amadeus Edler. J’ai vingt-sept ans. Je suis patineur professionnel. Et je suis un homme.



Toi
BLBLBLBLBLBLBL ! C'est remoi B)
©linus pour Epicode

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Jeu 6 Avr - 23:35
BB ♥

Y a encore rien mais voilà, juste pour dire "FIRST" ♥

En tout cas, tu connais la chanson, re-bienvenue, j'adore Ama, on va faire pleins de choses ensemble ( ) et toussa toussa, ca va grave le faire B)

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KDO:
 
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P. Ray Halloway
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Ven 7 Avr - 7:39
Re-bienvenue 8) ♡

C'est trop vide bouge toi d'écrire wsh j'ai hâte de voir le personnage e_e

Je peux pas m'en empêcher même si ça n'a aucun rapport mais ta signature UHU elle est très collante e___e

(Ama me remercie pas pour avoir béni ta fiche avec une si belle et merveilleuse intervention ♡)

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Merci à Au Lit pour le magnifique vava ♥


Ray s'exprime en #000000.
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Sam 29 Avr - 21:25
Bonsoir,
Après presque un mois de travail intensif, c'est un beau bébé de 8 pages word qui est né, en ce soir de 29 avril 2017.

Bref. J'ai fini ma fiche.


Merci beaucoup pour vos petits mots adorables, auxquels je ne voulais répondre qu'une fois la fiche finie ;w; ... ce que je fais ce soir. Merci beaucoup ;w; merci merci merci ;w;

Et euh... Cole... j'attends ta cravache, now B)

_________________
Donner à quelqu'un un morceau de votre âme est mieux que de donner un morceau de votre coeur. Parce que les âmes sont éternelles.  ▵ ©endlesslove.
Je valse avec cette courbe en dehors d'un corps courant sur la glace ▵
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SENTENTIAE.
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Sam 29 Avr - 23:24
Félicitation, tu es validé !

Félicitations à toi ! Tu es maintenant validé(e) et nous sommes heureux de te compter parmi nous. Avant toute chose, nous te laissons aller recenser ton avatar et poster ta fiche de lien afin de te créer quelques amitiés ! Amuse toi bien parmi nous.

Vu que tu as choisi Manatthan, nous te placerons dans la tour Rose (car je veux pas de toi ♥). Viens vite découvrir tes voisins ! ♥

► V; En vrai, tu as tout gaché dans ton dernier message avec le commentaire sur la cravache de Uhu. :c Je suis triste, c'était émouvant et tout et toi, tu écris ça. :c
Mis à part ça faudrait que je fasse un commentaire sur la présentation. Eh ben, tu en as mis du temps /pan Sérieusement et tu le sais déjà, j'adore *o* ♥

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